Nicolas Sarkozy injustement tancé par l’Europe
Mardi 14 septembre 2010Le 14 septembre 2010, Viviane Reding, commissaire européenne chargée de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté, élève le ton (en anglais !) et s’en prend à la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement concernant les Roms.
Interviewée là-dessus par la radio-télévision belge, elle déclare (en français, sa langue maternelle) : «Nous avons eu, de sinistre mémoire, les déportations pendant la deuxième guerre mondiale. Allons-nous recommencer cela ? Ce serait la fin de l’Europe. Je dis non et, en tant que gardienne des traités, je m’y oppose».
Retrouvant quelques jours plus tard les autres chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles pour préparer le G20 du 12 novembre, Nicolas Sarkozy s’en prend vivement à la commissaire, absente. Le ton monte avec le président de la Commission. On manque d’en venir aux insultes.
Énorme malentendu. Lancées avec éclat en plein été, pour tenter de faire oublier l’affaire Woerth-Bettencourt, les expulsions de Roms roumains n’ont, en-dehors de leur aspect électoral et médiatique, aucune incidence concrète, sinon leur coût. Les Roms reconduits à la frontière avec un pécule ou rapatriés en avion peuvent en effet revenir en France comme ils le souhaitent.
La Commission européenne et la gauche européenne se méprennent en attaquant le président français sur sa politique migratoire. Celle-ci, en dépit des discours et des apparences, est la plus libérale qu’ait jamais menée un gouvernement français.
Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur en 2002, la France accueille plus d’immigrants que jamais, d’Afrique et d’Asie, réguliers et clandestins. Les chiffres officiels de l’INSEE font état d’environ 200.000 entrées par an. En plus de cela, les préfets se plaignent en catimini du grand nombre de régularisations opérées en haut lieu par-dessus leur tête, au mépris des lois.
Conséquence de cette nouvelle fournée migratoire, le nombre d’enfants dans les écoles est à nouveau à la hausse, spécialement dans les quartiers «difficiles».
Cette politique «immigrationniste» répond aux attentes de la droite néolibérale et des des milieux d’affaires, représentés par Jacques Attali et Alain Minc, qui voient dans l’afflux d’immigrants, en particulier clandestins, un moyen de pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail.

