Sarkozy, Napoléon III, même combat ?
Lundi 17 novembre 2008La presse française ne se fait pas prier pour dresser une statue à l’actuel président de la République française. Le Nouvel Observateur l’a comparé à Louis XIV. Voilà maintenant Le Monde (15 novembre 2008) qui en appelle à l’historien Pierre Milza pour assimiler Nicolas Sarkozy à Napoléon III. La comparaison est osée.
- D’un point de vue strictement humain, tout oppose Nicolas Sarkozy à l’exilé au nom prestigieux mais dépourvu de talent oratoire, qui milita dans des groupes révolutionnaires, était mû par de grands principes (socialisme, droit des peuples,…) et témoigna une sincère compassion pour les classes populaires.
- D’un point de vue politique, les deux hommes sont également très dissemblables : ainsi Napoléon III n’a-t-il pas craint de braver l’impopularité pour imposer le traité de libre-échange avec l’Angleterre, l’Union monétaire latine ou encore les futurs peintres impressionnistes (il s’est seulement soumis au diktat de l’opinion en 1870, quand celle-ci réclamait la guerre contre la Prusse !) ; Nicolas Sarkozy, quant à lui, cherche d’un discours à l’autre l’assentiment de son public, au risque parfois de se contredire.
- Enfin, les époques ne sont pas comparables : en 1848, la France se préparait à entrer dans la révolution industrielle. En 2007, c’est un pays parmi les plus industrialisés et les plus modernes du monde, qui ne souffre que de l’archaïsme de son administration, de sa classe politique et de sa fiscalité. Il est abusif de comparer l’action modernisatrice de Napoléon III et celle de Nicolas Sarkozy, cette dernière se résumant pour l’instant à la création de nouvelles taxes et niches fiscales ainsi qu’à des économies de fonctionnement dans les zones rurales, l’éducation et l’armée.
Transmis par Joseph Savès

