L’Histoire s’accélère, en Europe, ces dernières semaines : crise grecque, plans de rigueur en cascade et dégringolade de l’euro…
Ce dimanche 9 mai 2010, 60 ans après la fondation de la CECA par Robert Schumann, le Conseil européen des 27 chefs d’État et de gouvernement a promis solennellement d’engager sa garantie à hauteur de 750 milliards d’euros en cas de défaillance budgétaire d’un État membre (on pense à la Grèce et, plus grave encore, à l’Espagne, qui faisait il y a deux ans encore figure de modèle aux yeux des néolibéraux).
Cette promesse est prise en accord avec le président de la BCE (Banque Centrale Européenne), Jean-Claude Trichet, et celui du FMI (Fonds Monétaire International), Dominique Strauss-Kahn, suite à un coup de fil comminatoire à la chancelière Angela Merkel du président américain Barack Obama, inquiet que la dégringolade de l’euro ne casse la reprise économique américaine !
Bien que saluée avec enthousiasme par une presse courtisane, elle se révèle comme une preuve supplémentaire d’impuissance des dirigeants européens et des institutions issues du traité de Lisbonne. Les investisseurs, l’ayant compris, se dégagent à qui mieux mieux de la zone euro, entraînant un nouveau plongeon de la devise européenne.
Chacun voit en effet qu’en cas de défaillance d’un pays comme l’Espagne, les grands pays de l’Union, obligés de s’endetter massivement pour l’aider, deviendront eux-mêmes insolvables.
Quelques années après la dévaluation très bénéfique du franc par Raymond Poincaré, Pierre Laval, en 1935, choisit la déflation (coupes à la hache dans les budgets publics et sociaux) pour ne pas dévaluer à nouveau le franc, les dirigeants européens se sont engagés dans des politiques d’extrême rigueur au bout desquelles l’Europe pourrait, comme le malade de Molière, «mourir guérie»…
Pour tâcher de comprendre la politique «déflationniste» des gouvernements européens d’aujourd’hui et les enjeux monétaires, nous vous proposons par ailleurs un retour sur quelques événements des années 1920 et 1930…