Julien Dray, Hitler et la gauche
Lundi 11 mars 2013Le quotidien Libération (10 mars 2013) reprend les propos acerbes de Julien Dray, sénateur socialiste, concernant Jean-Luc Mélenchon, porte-parole de l’extrême-gauche.
Il écrit ainsi : Julien Dray a établi un parallèle entre «la méthode du Parti de gauche, et donc de Jean-Luc Mélenchon», et celle «qui avait prévalu dans les années 20-30, la troisième période de l’Internationale communiste, qui était de dire qu’il fallait dénoncer les sociaux-traîtres plutôt que de dénoncer les autres (les opposants de droite ou d’extrême droite, ndlr). Et ça a conduit en Allemagne en 1933 à faire que la gauche, alors qu’elle était majoritaire, a laissé Hitler devenir chancelier».
Il s’agit d’un contresens historique car la gauche était très loin d’être majoritaire en Allemagne quand Hitler a accédé au pouvoir, ainsi que le rappelle l’historien François Delpla sur son blog. Aux élections du 6 novembre 1932, peu avant la prise de pouvoir par les nazis, le parti socialiste SPD et le parti communiste KPD totalisaient seulement 37,3% des voix. Même unie (ce qui paraît inconcevable vu l’abîme idéologique qui séparait les communistes proches de Staline et les socio-démocrates), la gauche allemande aurait été encore très loin de la majorité parlementaire.
Parmi les origines de cet épouvantable drame qu’a été l’avènement du régime hitlérien, ne doit-on pas regarder aussi du côté de la politique de rigueur (on disait à l’époque «déflation») du chancelier Heinrich Brüning (1930-1932), en tous points semblable à celle qui est menée aujourd’hui en Grèce, en Italie, en Espagne, en France…

Cette formule est mise en exergue sous la forme d’un intertitre : «Pour les ménages, le sacrifice est immédiat : les salaires sont de facto réduits de 30% à 40%» !
En janvier 2010, le tome 3 des Mémoires de guerre du 

