«Shoah» sur Arte
À l’occasion du 65e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz par les troupes soviétiques, la chaîne Arte rediffuse en deux parties, ce 20 janvier à 20h35 et mercredi prochain 27 janvier, même heure, le documentaire Shoah.
Ce film de 9h30 (!), à la mise en scène austère, a été réalisé en 1985 par Claude Lanzmann, intellectuel français dont c’est l’oeuvre pour ainsi dire unique. Exclusivement tissé de témoignages de survivants des camps (déportés et gardiens), sans aucune image d’archives, il décrypte le processus d’extermination mis en place par les nazis.
C’est un monument cinématographique auquel on doit d’appeler aujourd’hui le génocide des Juifs d’Europe du terme de «Shoah» (destruction en hébreu).
Notons toutefois que le document traite exclusivement des camps d’extermination de Pologne et du ghetto de Varsovie. Il ne dit rien des tueries par balles dans les plaines d’URSS ni des marches de la mort à la fin de la guerre, qui tinrent une grande part dans le génocide.
André Larané


20 janvier 2010 à 14:38
Merci pour ce rappel. Nous ne regarderons pas. Trop dur…
Avons déjà vu maintes fois des images des camps. L’horreur!
Mais bien merci et bonne continuation pour Hérodote
Aline et Francis Krug
Merci
20 janvier 2010 à 15:23
J ‘ai, contrairement à Mr Larané visionné ce monument d’ un seul coup, et je n’ai pas eu d’indigestion. A ne manquer sous aucun prétexte, même
s’il est vrai que Lanzmann n ‘est peut-être pas aussi objectif qu’ on pourrait le souhaiter, comment pourrait-il l’être d’ailleurs, qui peut être objectif face aux crimes du nazisme ?
Je pense souvent à une”anecdote” contée par Marek Halter dans “La Mémoire d’ Abraham,” où il raconte quelque chose comme cela, à propos d’un officiel polonais parlant du tribut payé par la Pologne au nazisme et invoquant les 3 millions et demi de polonais morts du fait des nazis, oubliant simplement de préciser que sur ces 3, 5 millons de victimes, 3millions étaient des juifs et que beaucoup avaient été les victimes directes ou indirectes de leur compatriotes polonais, à l’époque au moins massivement antisémites.
Cela a-t-il vraiment changé ? Il faut espérer que oui, mais pas si sûr…
Pas si sûr non plus que tout cela excuse les exactions commises par Israël à l’encontre du peuple palestinien depuis des dizaines d’années.
20 janvier 2010 à 18:25
J’ai vu ce film à Winnipeg, (Manitoba, Canada environ 700 000 habitants) en 1987. Il était présenté en deux parties sur deux jours dans une salle de cinéma commerciale canadienne (qui n’appartenait pas à un groupe de distribution américain comme c’est l’immense majorité des cas au Canada anglais). J’étais accompagné de ma petite amie de l’époque qui est d’origine moitié ukrainienne (et juive) et moitié allemande, représentant ainsi les deux principaux groupes ethniques de cette capitale. En effet les Allemands forment le premier groupe ethnique de Winnipeg (environ 150 000 individus) et les Ukrainiens le second (environ 130 000 individus. D’ailleurs à l’université du Manitoba à Winnipeg, il n’est pas question d’étudier le russe, mais on trouve un département d’ukrainien). De très nombreux Juifs vivent là également, qui ont quitté la Russie au 19e siècle. J’ai tenu le coup pendant toute la durée du film, mais je ne pourrais dire ce qui était le plus éprouvant : le contenu du film ou les disputes qui éclataient régulièrement et qui se poursuivaient pendant les entractes. Certains spectateurs quittaient la salle en protestant, en doutant de la véracité des faits présentés, d’autres étaient trop émus pour assister au film en permanence et devaient quitter la salle, puis revenaient un peu plus tard. D’autres rappelaient qu’avant les Juifs, les Ukrainiens avaient subi l’Holomodor… J’ai vu de très nombreux films dans ma vie et j’en ai vu qui ont laissé les spectateurs «assommés» (je me souviens particulièrement du film Johnny Got His Gun/Johnny s’en va-t-en guerre, à la fin duquel les spectateurs sont restés assis en silence sans bouger pendant au moins une dizaine de minutes avant d’oser sortir), mais aucun film n’a été une expérience comme voir Shoah. C’est une aventure humaine que je recommande à toutes et à tous. Il reste d’actualité de se questionner sur les progrès réels des droits de la personne à travers le monde. C’est une question qui nous touche beaucoup au Canada et votre site y est très sensible. Je vous en remercie.