Herodote.net

Le Flash d’Hérodote

chaque fois que l’actualité de l’Histoire le justifie

Climat : la faute aux bébés ?

Des démographes mandatés par l’ONU auraient identifié la cause du réchauffement climatique qui menace l’humanité. Serait-ce notre frénésie de consommation, qui a épuisé en moins d’un siècle des combustibles fossiles accumulés dans le sous-sol pendant 60 millions d’années ? Pas du tout. La faute en revient principalement aux bébés nés ou à naître, qui sont autant de consommateurs-pollueurs en puissance…

Ce rapport, faut-il s’en étonner ? véhicule beaucoup de poncifs dans un domaine - la démographie - à la lisière de l’Histoire et de la sociologie. C’est l’occasion pour nous d’en rappeler quelques principes essentiels…

Lire notre analyse      Rapport des démographes de l’ONU

Tags: , ,

8 commentaires pour “Climat : la faute aux bébés ?”

  1. Guy Fafard dit :

    L’ONU est parti sur des dérappages qui frisent le délire.
    Après la promotion du multiculturalisme l’ONU accuse les bébés.
    Pas surprenant que l’ONU fantasme sur les Gaz à Effet de Serre plutôt que sur les rayonnements solaire et cosmiques pour un réchauffement de la planète.

  2. JLC dit :

    Quelle ineptie que de rejeter les fautes commises par notre génération sur la génération suivante! Le vrai problème est que nous ne parvenons pas à adapter nos habitudes consuméristes et hédonistes polluantes aux défis lancés par le changement climatique. Il est tellement plus facile de reporter la “faute” sur les bébés à naître (qui ne votent pas), simplement parce que nous supposons que ces bébés, futurs adultes, adopteront le même comportement irresponsable que nous. Avons-nous donc si peu confiance en cette nouvelle génération ou craignons-nous le blâme que cette génération ne manquera pas de nous donner quand elle verra dans quel état nous lui laissons la planète ?

  3. François Lurçat dit :

    J’approuve entierement votre point de vue sur la demographie. Ce sont les extrapolations arbitraires du vieux Malthus que l’on nous ressert avec une insistance suspecte. Et il est accablant de voir des hommes d’Etat responsables croire (ou feindre de croire) à ces salades.
    Il faut ajouter ceci: le réchauffement climatique n’est pas un fait, mais une hypothèse bien incertaine. Un climatologue professionnel, le regretté Marcel Leroux, avait publié un ouvrage scientifique sur la question: “Global Warming, Myth or Reality?”, chez Springer - Praxis, 2005. Plusieurs bons livres de vulgarisation ont paru en français, par exemple: Christian Gerondeau, CO2, un mythe planétaire, Ed. du Toucan, 2009; Ou André Legendre, L’Homme est-il responsable du réchauffement climatique?, EDP Sciences, 2009.

  4. Teodoro dit :

    Je ne comprends pas pourquoi l’on s’en prend de manière aussi virulente à ce rapport de l’ONU. Certes, votre analyse est tout à fait correcte: les problèmes ne sont pas les mêmes selon la zone, etc… cependant :
    1°) Même en réduisant drastiquement notre manière de consommer, nous, pays “du Nord”, nous consommerons trop pour stopper les effets “gaz à effet de serre”. Faites un test sur n’importe quel site calculant votre empreinte écologique pour vous en assurer.
    2°) Toute personne naissant dans un pays “du Sud” veut / voudra (et c’est bien naturel !) voir son mode de vie évoluer: mieux se chauffer, avoir une nourriture plus diversifiée, etc…et je ne vois rien changer dans le Nord de ce point de vue.
    Une fois ces 2 principes établis, je ne vois pas comment régler la question sans (entre autres, car celà sera très insuffisant, et n’aura d’effet qu’à long terme) réduire la natalité. C’est notre responsabilité aujourd’hui de faire en sorte que nos enfants aient une planète vivable demain…et accepter d’avoir moins d’enfants (ce qui est un effort pour nous, je le vois à vos réactions - et c’est bien naturel, dirait Darwin) me semble absolument indispensable.

  5. Jean-Pascal Florent dit :

    Bravo de ne pas céder à la pensée unique malthusienne, même quand elle vient d’organisations comme l’ONU
    Le meilleur livre sur ce sujet me semble être celui de Hervé Le Bras
    « Les limites de la planète : mythes de la nature et de la population »
    La présentation en est la suivante :
    Y a-t-il trop d’hommes sur terre ? Au grand banquet de la nature, l’humanité est-elle de trop ? Dans notre imagination, la peur du nombre a remplacé la peur de la bombe : non seulement, nous dit-on, il n’y aura bientôt plus de quoi nourrir la planète mais la surpopulation est directement ou indirectement responsable du trou dans la couche d’ozone, du réchauffement climatique, de l’érosion des sols, bref de toutes les catastrophes écologiques qui guettent l’espèce humaine à l’aube du XXe siècle.
    Hervé Le Bras démontre qu’il n’y a pas une parcelle de vérité dans les terribles prédictions chiffrées que nous assènent nos Cassandre. Les chiffres masquent des arguments d’autorité, et les arguments d’autorité sont le paravent de nos préjugés et de nos peurs. La surpopulation est un mythe : telle est en substance la conclusion qui s’impose ici après une analyse serrée. Et, comme tout mythe, celui-ci nous en apprend plus sur nous-mêmes que sur le monde qui nous entoure.
    Les organismes internationaux sont malthusiens depuis leur création.
    En septembre 1948, Sir Julian Huxley alors directeur général de l’UNESCO, créa l’Union Internationale pour la protection de la nature (UIPN) et fit un discours fondateur très clair dans ce sens :
    « A long terme, le problème démographique est plus important que celui de la guerre et de la paix parce que l’homme a commencé à se répandre sur la planète comme un cancer. (…) Le progrès médical et l’assistance sociale ont fait apparaître un affaissement du processus de sélection naturelle qui aura des conséquences dégénératives. (…) Il faut une politique démographique positive qui impose un contrôle des naissances chez les gens de qualité inférieure et une procréation bien ajustée chez les gens de qualité supérieure. »

    Cette dérive idéologique des travaux de Darwin est désignée par « darwinisme social » : sélection des individus selon leurs origines sociales ou ethniques. Pour le frère de Julian Huxley, Aldous la dérive est même l’eugénisme : la sélection selon des critères biologiques.

  6. clive loertscher dit :

    Merci de ces précisions. Au nom d’une détérioration probable du climat (et encore, attendons de voir…), on nous ressort du malthusianisme bien gras et bien simplet….

    En fait, il nous faudrait une bonne guerre ,-)

  7. Jacqueline Malandra dit :

    Si la population mondiale continue à augmenter au rythme actuel (elle a presque triplé depuis les 2 milliards et demi de 1939), ce n’est pas une guerre nucléaire qui nous guette mais une famine universelle, voire même le retour du cannibalisme. Les scientifiques promettant une vie au-delà de 100 ans sont à enfermer avant qu’il soit trop tard. Certains pays ont pris des mesures draconiennes (Chine et Japon), alors que les inconscients prolifèrent et exportent leur excédent de population, où ? Naturellement en Europe, car il y a longtemps que les pays riches et sous-peuplés (USA, Canada, Australie) ont fermé leurs frontières. L’ONU aurait dû être un gouvernement mondial…

  8. Jacques Villain dit :

    Je présume qu’il y a des tendances diverses parmi les démographes, en particulier des démographes qui s’inquiètent de voir la population augmenter, et d’autres qui pensent qu’il vaut mieux ne pas faire pression sur les peuples pour l’empêcher de croître. Les uns et les autres ont de bons arguments et il est bon que les uns et les autres les fassent entendre. En l’occurrence la tendance malthusienne, habituellement minoritaire, l’a emporté.
    Il est vrai que la population mondiale semble devoir se stabiliser vers la fin du 21ième siècle, mais : 1) Peut-on être sûr d’une prévision qui concerne le comportement des hommes ? 2) Le poids de la démographie est déjà lourd, et beaucoup d’hommes ont faim et soif. 3) Si la croissance est actuellement modérée, c’est en grande partie grâce à la politique malthusienne de la Chine et aux difficultés dramatiques de la Russie.
    Il me semble donc que la mise en garde de l’ONU mérite attention.

Laisser un commentaire