Istamboul s’expose
La Saison de la Turquie en France est le prétexte à plusieurs expositions.
De Byzance à Istanbul rassemble un grand nombre de belles pièces au Grand Palais, à Paris.
Mais si cette exposition avait pour objectif de témoigner de l’«européanité» de la Turquie, disons clairement que c’est raté : au rez-de-chaussée, nous avons droit à la Byzance païenne et à la Constantinople chrétienne, à l’étage à l’Istamboul ottomane.
Pour mieux dissocier les deux niveaux, on a installé dans l’escalier qui les sépare un canon et une chaîne du siège cruel de 1453 ! Et rien n’évoque le principal trait d’union des différentes époques : la basilique Sainte-Sophie (Ayasofya Camii)…
Évoquons pour mémoire le musée du Louvre qui s’est contenté de trois expositions au format de poche sur Smyrne, un tombeau d’Anatolie et les caftans du Grand Turc. Sans intérêt.
C’est en définitive le musée de Valenciennes (Nord) qui nous offre l’image la plus rafraîchissante d’Istamboul à travers le regard d’un peintre valenciennois, Jean Baptiste Vanmour (1671-1737), qui vécut 38 ans auprès de la Sublime Porte…
Tags: Constantinople, Istanbul, Turquie, Vanmour


25 octobre 2009 à 22:55
Exposition très riche en informations. Belle mise en valeur de pièces magnifiques. Mais pour “l’européanité “de la Turquie, effectivement, c’est bellement raté et c’est extrêmement dommage.
Je me suis rattrapée en achetant moult livres vendus à la boutique du musée, en attendant de revenir à Istanbul.
26 octobre 2009 à 5:02
Le “problème turc” reste en suspend total depuis 5 siècles de son occupation éhontée des territoires de l’Arménie antique dont je ne sache pas que la Diaspora en réglât le destin…Par ailleurs, la présence d’envahisseurs asiatiques sur la Dobroudja et la Thrace ne me parait pas “définitivement ”
réglée non plus.
La diversité turque est aussi un gage d’instabilité intérieure majeure qui n’a pas dit son dernier mot, loin de là!
Avec le temps rien ne se justifie finalement, bien qu’on le croie trop souvent!
la Turquie greco chaldéenne n’y était point tout à fait elle-même…! Thraces et Daces sont en Europe, certes, mais les hittites christianisés de l’Asie Mineure autre Nom de la Turquie(!) en sont partis chassés et ce que la Turquie nous montre sans vergogne comme SON antiquité est ce passé chrétien persécuté…….! Quel toupet!
26 octobre 2009 à 5:21
EUROPE ET TURQUIE
- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !
- Alors, ce pays, européen ou pas ?
- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent… Tout de même estomaquant…
- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?
- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.
-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…
- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !
- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde. Dans le même esprit, rappelons que la France possède -par ses DOM TOM- possède des frontières avec des pays comme le Brésil. Mais si un jour ces départements et territoires d’outre mer obtenaient leur indépendance, ils quitteraient l’U.E. dont ils sont membres « par procuration », alors que si le Cantal ou le Larzac le devenaient également, ils resteraient en Europe…).
Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !
- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non…
- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.
- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c’est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…
- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
Mais cela était il y a « deux milles ans »…
- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?
- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.
COLPIN Didier
27 octobre 2009 à 10:00
Et voilà le problème turc qui resurgit.
Une coalition d’européens enragés et d’etatsuniens ( nom donné aux Nord-américains par les Canadiens francophone ) veulent à tout prix faire de la Turquie un état européen à part entière.
Premiers résponsables les auteurs du texte sur la Constitution Européenne qui, en sachant fort bien ce qu’ils faisaient, n’ont pas fait mention des origines chrétiennes du vieux continent.
Boulet que nous tirerons aussi logntemps que l’Union existera, sachant que tout a une fin …. l’Empire Romain, la Sainte Alliance, l’URSS et j’en passe.
Géographiquement 1/30 de la Turquie est en Europe ( encore une erreur de l’histoire ), politiquement une politique pas clairement démocratique et surtout da
27 octobre 2009 à 20:46
Les quelques notes sur l’exposition du Grand Palais semblent donner d’une façon sous-entendue la part belle à l’Empire ottoman. C’est peut-être oublier que l’occupation ottomane en Europe était le résultat d’une colonisation. Est-ce qu’une colonisation, de quelque pays qu’elle soit l’oeuvre peut être légitimée ? J’ai vécu 8 années en Grèce et je peux vous dire que le peuple n’a pas vraiment digéré cette période !!!!
29 octobre 2009 à 16:39
Scénographie intéressante, puisque dans un espace restreint, la richesse et la complexité d’une ville comme Istanbul y sont bien rendues.
De plus de très beaux manuscrits sont présents pour le bonheur des yeux.
Très belle exposition à découvrir sans hésitation