Ce dimanche 31 mai 2010, la Marine israélienne intercepte une flottille qui tentait de forcer le blocus de Gaza. L’attaque fait une dizaine de morts et beaucoup de dégâts politiques. La comparaison avec L’Exodus (1947), provocation sioniste qui a ému l’opinion mondiale et accéléré le retrait britannique de la Palestine, vient immédiatement à l’esprit…
Gaza est soumis de la part d’Israël et de l’Égypte à un blocus commercial très rigoureux depuis la mainmise du mouvement islamiste Hamas sur cette enclave palestinienne surpeuplée (1,5 million d’habitants), il y a trois ans.
Officiellement, ce blocus a pour objet de prévenir l’introduction d’armes dans l’enclave. Dans les faits (voir les reportages de la presse d’actualité), il réduit à néant l’activité économique de Gaza, pénalise ses exportations et maintient la population dans la plus grande misère. Dans le même temps, le blocus est régulièrement violé par des importations via les tunnels clandestins qui passent sous la frontière entre Gaza et l’Égypte. Ces importations font l’objet de taxes illégales qui enrichissent et renforcent le Hamas, que l’État d’Israël prétend officiellement combattre.
Cette politique de gribouille ne peut se comprendre que dans l’hypothèse où le gouvernement israélien veut à tout prix empêcher la création d’un État palestinien, en accentuant la fracture entre Gaza, soumise aux islamistes du Hamas, et la Cisjordanie, soumise à l’OLP légaliste. Il n’est pas sûr que réussisse cette politique du pire…