Réunis en urgence le 25 mars 2010, les seize chefs d’État et de gouvernement de la zone euro ont mis au point une déclaration commune en vue de permettre à la Grèce de retrouver la pleine confiance des marchés.
Coupable de laxisme budgétaire, Athènes est aujourd’hui obligé d’emprunter à des taux deux fois supérieur à ceux des autres pays européens pour couvrir sa dette publique. Les Allemands, qui ont déjà accepté beaucoup de sacrifices (y compris des baisses de salaires et le recul à 67 ans de l’âge de départ à la retraite) refusent catégoriquement d’aider la Grèce et tout autre pays laxiste de la zone euro… au risque d’un éclatement de la monnaie unique.
Pour prévenir cette issue proprement catastrophique, la déclaration commune inspirée par la chancelière Angela Merkel convient donc qu’un pays peut - en dernier recours seulement - emprunter à des taux préférentiels auprès des autres pays de la zone euro, dans de strictes limites et surtout sous réserve que le Fonds Monétaire International (FMI) participe pour un tiers à l’emprunt.
Cette déclaration est présentée par ses signataires comme une avancée vers le «gouvernement économique» de l’Union européenne. Dans les faits, l’implication du FMI, institution de Washington vouée à l’aide aux pays émergents, constitue de la part de l’Union européenne un aveu d’impuissance qui eut paru inconcevable il y a quelques mois encore.
La Grèce fait actuellement la Une des médias : corruption, sous-productivité et évasion fiscale sont les principaux maux qui expliquent le déséquilibre de ses finances publiques.
Mais on ne saurait non plus sous-estimer le poids de l’Histoire dans l’engrenage qui a conduit le pays au bord de la faillite…