«Voici venir l’orage»… sur la chaîne Arte
Dimanche 26 juillet 2009«Voici venir l’orage» est une fiction haute en couleurs qui se déroule en trois épisodes, sur la chaîne Arte, le vendredi 31 juillet 2009 à 20h45 et le vendredi 7 août 2009 à 20h45 (épisodes 2 et 3).
Il s’agit de la saga familiale de la réalisatrice elle-même, Nina Companeez. Elle court sur trois générations et raconte l’histoire de sa grand-mère et sa grand-tante, nées dans la bourgeoisie juive de Moscou, ainsi que de sa mère et sa tante. On suit la famille dans sa fuite vers Berlin, suite à la révolution bolchévique, puis vers Paris, suite aux lois antisémites de Hitler…
Pour :
Les trois épisodes se regardent avec un immense plaisir. Comment ne pas être séduit par le charme de Moscou à la «Belle Époque», de Berlin dans les «Années folles» et de Paris à la Libération ? Les personnages, très typés, dégagent beaucoup d’émotion, tant les femmes que les hommes…
Le contexte agité (la Révolution russe, la Grande Guerre, le nazisme, la Seconde Guerre mondiale et le génocide, excusez du peu !) est vu à travers des images d’archives. Il demeure largement étranger au sujet principal : la quête du bonheur par une famille riche et avide de plaisirs. Ce parti-pris peut se concevoir dans le cadre d’une fiction d’été, à voir en famille à la télé ou sur le site de la chaîne.
Contre :
«L’orage» annoncé dans le titre gronde mais n’éclate jamais ! L’Histoire n’intervient qu’à la marge, pour donner le prétexte d’une fuite, de Moscou à Berlin, de Berlin à Paris, de Paris à la Riviera.
Nous n’en ressentons pas moins une gêne dans le fait que nos «héros» doivent à chaque fois leur salut à l’argent et des relations équivoques (un commandant de la Loubianka ou encore le beau-fils de Pétain !).
D’autre part, à une exception près (un garçon boucher juif), tous les personnages du peuple qui apparaissent dans le film sont abjects : cosaque antisémite, servante bolchévique, concierge nazie, ex-légionnaire pédophile… C’est «Le chagrin et la pitié» (vieux documentaire sur les aspects troubles de l’Occupation) sans chagrin ni pitié.


