En janvier 2010, le tome 3 des Mémoires de guerre du général de Gaulle a été inscrit par l’Éducation nationale au programme de français du bac littéraire. Rien de plus normal. Les qualités littéraires de De Gaulle sont reconnues et comparables à celles de plusieurs personnalités de notre Histoire (le cardinal de Retz, le duc de Saint-Simon, le vicomte de Chateaubriand etc).
Mais un canular se met en place le 15 mai avec l’ouverture d’un site internet, Les Lettres volées. Dans une pétition auprès des enseignants, il réclame que l’œuvre gaullienne soit retirée du programme ! Un seul nom apparaît sur ce site, celui d’une agrégée de lettres, Claude Jaëcklé-Plunian.
Le 2 juin, Le Figaro en fait état dans un long article autour du «lancement d’une pétition initiée par le Snes (le Syndicat national des enseignements du second degré, classé à gauche)». Le quotidien reprend à son compte l’allégation du site selon lequel la pétition aurait recueilli en deux jours 1500 signatures mais il ne fournit aucun nom… Il est vrai que la liste du site en question relève du plus total amateurisme (signatures souvent réduites à un nom, lycéens,…).
Le Snes monte au créneau en rappelant qu’il n’est pour rien dans cette pétition, même si l’une de ses représentantes, Valérie Sultan, a fait part de vives réactions de ses collègues et s’est interrogée sur l’admiration due aux grands hommes.
Trop tard, la presse écrite et les radios commentent l’«information» du Figaro sans la vérifier et la gauche intellectuelle se déchire sans attendre. Sur le site du Nouvel Observateur apparaît même une contre-pétition sous le titre : «bonnet d’âne pour le SNES»…