Herodote.net

Le Flash d’Hérodote

chaque fois que l’actualité de l’Histoire le justifie

Archive pour la catégorie ‘Presse écrite’

Côte d’Ivoire : façons de voir

Dimanche 8 mai 2011

Dans son éditorial du 7 mai 2011, le quotidien Le Monde titre sur : Les promesses courageuses de M. Ouattara. Il s’agit du président ivoirien installé au pouvoir le 11 avril 2011, avec l’appui de la France et des Occidentaux.

L’auteur de l’éditorial se félicite de la promesse du président de créer une commission Vérité, réconciliation et dialogue ainsi que de déférer son rival déchu Laurent Gbagbo devant un tribunal international.

Au demeurant, rien n’indique qu’il se soit rendu dans le pays et connaisse la situation autrement qu’à travers les dépêches des agences.

Toute autre est la tonalité du reportage publié dans le quotidient La Croix de la veille (5 mai 2011).

L’envoyé spécial Laurent Larcher raconte les violences interethniques auxquelles il a assisté et les massacres qui perdurent sous le nouveau régime, sans que quiconque s’en inquiète, au gouvernement et à l’étranger.

Son reportage montre que le pire, s’il n’est pas certain, n’est pas non plus à écarter.

Entre l’information institutionnelle et l’enquête de terrain, à chacun de choisir…

À lire sur Herodote.net : La capture de Laurent Gbagbo

Balzac chez les Bettencourt

Mercredi 16 juin 2010

Le site Mediapart publie les enregistrements pirates du majordome de Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal et deuxième fortune de France. Ces enregistrements dévoilent les dessous d’un conflit familial entre la milliardaire et sa fille, laquelle dénonce l’abus de faiblesse dont serait victime sa mère (87 ans) de la part de son entourage et en particulier de son ami, un photographe, François-Marie Banier. Plus gravement, ils révèlent les liens tortueux entre le monde de l’argent et la classe politique. Il s’ensuit un scandale à rebondissements, sur fond de crise sociale et de réforme des retraites

L’affaire Bettencourt combine un conflit familial entre une mère et une fille, un conflit d’intérêts pour l’ancien ministre du Budget Éric Woerth et sa femme et des soupçons d’«optimisation» fiscale.

Le magistrat Christophe Régnard, le psychiatre Jérôme Pellerin et l’historien André Larané (Herodote.net) commentent ses divers aspects dans le magazine Pèlerin

Lire l’enquête : L’affaire Bettencourt décryptée

Quand Marianne raconte l’Histoire

Samedi 9 janvier 2010

La couverture raccoleuse du dernier numéro de Marianne à propos du pape Pie XII laissait craindre le pire…

En définitive, l’hebdomadaire nous a offert dans ses pages intérieures un excellent dossier sur l’attitude du Saint-Siège face au nazisme. Les articles sont signés du sociologue des religions Jean-Louis Schlegel et des journalistes Henri Tincq et Jean-François Kahn…

L’Histoire en fête

Mardi 29 décembre 2009
          

En cette fin d’année 2009, comme d’habitude, les magazines nous proposent des numéros hors-série ou doubles sur des sujets qui sortent de l’ordinaire. L’Histoire est à la fête. On la retrouve en couverture de trois grands magazines…

Abstraction faite de l’idéologie, le plus réussi de ces numéros spéciaux est incontestablement celui du Nouvel Observateur avec un cahier de 48 pages aussi bien écrit et documenté que bien illustré : Il était une fois la Renaissance, Quand s’inventait le monde d’aujourd’hui (4,50 euros). Comme l’indique le sous-titre, les auteurs établissent avec tact des passerelles entre notre époque et le XVIe siècle. Curieusement, cependant, Luther n’a droit à aucun article à la différence de Calvin, Érasme et même Giordano Bruno…

Nous avons apprécié aussi le hors-série de Point de Vue et Historia sur La cuisine gourmande d’autrefois. À défaut de connaissances encyclopédiques, on y puise de l’humour, de la fantaisie et beaucoup de recettes simples et bien sûr marquées par l’Histoire !

Verbeux et superficiels, les numéros doubles de L’Express (Les grands mythes de l’histoire de France) et Marianne (Les plus gros mensonges de l’Histoire) nous ont déçu… Mais cela ne doit pas gâcher notre plaisir au moment d’ajouter un millésime à notre longue et belle Histoire.

Bonnes fêtes de fin d’année et Meilleurs voeux,
André Larané, Herodote.net

Juifs et sionistes : omissions de L’Histoire

Mardi 16 juin 2009

Le mensuel L’Histoire (juin 2009) publie en couverture un titre qui ne laisse pas indifférent : «Enquête sur le peuple juif» avec un éditorial et 14 pages sur le livre de Shlomo Zand : Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008, 23 €).

Alain Michel, historien israélien et rabbin, s’indigne du caractère partial et pseudo-historique du livre comme du compte-rendu de L’Histoire.

Juifs et sionistes : omissions de L’Histoire

À la recherche des Hébreux

Pas de Canadiens en Normandie, le Jour J ?

Mercredi 3 juin 2009

La Bataille de Normandie est un excellent documentaire d’Henri de Turenne sur le débarquement du 6 juin 1944, sa préparation et ses suites immédiates. Il offre un instructif ensemble d’images d’archives et de témoignages. Mais quoique réalisé en 1969, 25 ans après les faits, par la télévision française, dans la série Les Grandes Batailles, il n’échappe pas à quelques idées convenues.

Ainsi les combattants du Jour J sont-ils au début présentés comme des Américains, Anglais et Français. C’est faire fi des 15.000 Canadiens (sur un total de 130.000 hommes) qui ont débarquer sur la plage Juno et donner une importance pour le moins disproportionnée à la petite centaine de volontaires français du commando Kieffer… C’est oublier aussi les Norvégiens, présents ce jour-là, ainsi que les Polonais, les Néerlandais et aussi les Belges (pas moins de 2200) qui ont débarqué les jours suivants.

À lire sur Herodote.net : 6 juin 1944 : le débarquement de Normandie

Sarkozy, Napoléon III, même combat ?

Lundi 17 novembre 2008

La presse française ne se fait pas prier pour dresser une statue à l’actuel président de la République française. Le Nouvel Observateur l’a comparé à Louis XIV. Voilà maintenant Le Monde (15 novembre 2008) qui en appelle à l’historien Pierre Milza pour assimiler Nicolas Sarkozy à Napoléon III. La comparaison est osée.

- D’un point de vue strictement humain, tout oppose Nicolas Sarkozy à l’exilé au nom prestigieux mais dépourvu de talent oratoire, qui milita dans des groupes révolutionnaires, était mû par de grands principes (socialisme, droit des peuples,…) et témoigna une sincère compassion pour les classes populaires.
- D’un point de vue politique, les deux hommes sont également très dissemblables : ainsi Napoléon III n’a-t-il pas craint de braver l’impopularité pour imposer le traité de libre-échange avec l’Angleterre, l’Union monétaire latine ou encore les futurs peintres impressionnistes (il s’est seulement soumis au diktat de l’opinion en 1870, quand celle-ci réclamait la guerre contre la Prusse !) ; Nicolas Sarkozy, quant à lui, cherche d’un discours à l’autre l’assentiment de son public, au risque parfois de se contredire.
- Enfin, les époques ne sont pas comparables : en 1848, la France se préparait à entrer dans la révolution industrielle. En 2007, c’est un pays parmi les plus industrialisés et les plus modernes du monde, qui ne souffre que de l’archaïsme de son administration, de sa classe politique et de sa fiscalité. Il est abusif de comparer l’action modernisatrice de Napoléon III et celle de Nicolas Sarkozy, cette dernière se résumant pour l’instant à la création de nouvelles taxes et niches fiscales ainsi qu’à des économies de fonctionnement dans les zones rurales, l’éducation et l’armée.

Transmis par Joseph Savès

Un président «Noir» à l’Élysée

Vendredi 7 novembre 2008

Depuis l’élection de Barack Obama, la presse française rivalise de sondages sur le thème : «Voteriez-vous pour un candidat noir à l’Élysée ?» et chacun de disserter sur les blocages hexagonaux.

Notons d’abord que les sondages seraient plus pertinents avec une question du genre : «Si le meilleur candidat à l’Élysée de votre point de vue était noir, voteriez-vous malgré tout pour lui ?». Notons aussi que les Français, bien avant les Américains, ont été à deux doigts d’avoir un métis à l’Élysée sans que d’ailleurs l’éventualité fit frémir quiconque ! C’était en 1968 et le Sénat était alors présidé par Gaston Monnerville.

Gaston  Monnerville (1897-1991)Ce petit-fils d’esclave né en Guyane le 2 janvier 1897, élève brillantissime à la faculté de droit de Toulouse, sous-secrétaire d’État aux colonies en 1937 et 1938, était devenu sénateur du Lot (Gauche démocratique) en1948. Élu à la présidence du Sénat le 4 octobre 1958, au tout début de la Ve République, il s’oppose avec vigueur au projet gaullien d’élire le président de la République au suffrage universel et lance à ce propos l’accusation très grave de «forfaiture» (non sans fondement juridique).

Pendant les événements de Mai 68, quand le président de Gaulle s’éclipse à Baden-Baden, il s’en faut de peu qu’il n’assure la présidence de la République par intérim comme le prévoit la Constitution. Il s’en prend ensuite au projet de De Gaulle d’un nouveau référendum qui viserait à réduire le rôle de la haute Assemblée et, pour marquer son opposition, démissionne de la présidence du Sénat le 5 octobre 1968 (il n’a encore «que» 71 ans). Il est remplacé par Alain Poher. Sept mois plus tard, le 28 avril 1969, c’est ce dernier qui devient président de la République par intérim, le président de Gaulle ayant démissionné après l’échec de son référendum. Alain Poher assumera une deuxième fois l’intérim après la mort du président Pompidou, le 2 avril 1974 (Gaston Monnerville avait démissionné de son siège de sénateur un mois plus tôt, le 5 mars 1974).

L’exemple de Gaston Monnerville, aujourd’hui inconcevable, illustre le recul de la «diversité» au sein de la classe politique française au cours du dernier demi-siècle en dépit d’une très importante immigration. Ce recul concerne aussi les femmes, moins nombreuses parmi les élus qu’au début de la IVe République. À cela une raison principale : le cumul des mandats, qui permet à quelques jeunes hommes bien nés de consolider d’une élection à l’autre leur assise politique et d’exclure tous les francs-tireurs de la compétition.

Washington attaquée ! En 2001? Non, en 1814

Mardi 28 octobre 2008

«On peut débattre sans fin de la superpuissance des États-Unis. La crise que nous vivons, dit-on, signerait leur déclin. À moins que celui-ci n’ait commencé le 11 septembre 2001 lorsque le pays fut attaqué sur son sol pour la première fois de son Histoire…» lit-on dans l’éditorial du quotidien Les Échos. L’auteur reprend une antienne selon laquelle les États-Unis n’auraient jamais été envahis.

C’est oublier qu’ils l’ont été il y a bien longtemps, lors de leur «seconde guerre d’indépendance» contre l’Angleterre, en 1812-1814. Leur capitale fut même occupée par l’ennemi et celui-ci s’offrit le luxe de brûler la Maison Blanche et le Capitole…

À lire sur Herodote.net : Les États-Unis en guerre contre les Anglais

Transmis par Michel Psellos

Nicolas Sarkozy n’est pas Louis XIV

Vendredi 19 septembre 2008

Nicolas Sarkozy-Louis XIV en  couverture du Nouvel Observateur

Dans son numéro du 11 septembre 2008, Le Nouvel Observateur dénonce le népotisme supposé du président Sarkozy et lui reproche pêle-mêle de pousser son étudiant de fils à la tête du département le plus riche de France, les Hauts-de-Seine, de venir au secours de son ami Martin Bouygues, patron de TF1, en faisant reposer entièrement sur l’impôt et non plus sur la publicité le financement des chaînes publiques, en limogeant un responsable de la police coupable d’avoir laissé des manifestants pénétrer dans le jardin de son ami Christian Clavier,…

L’hebdomadaire de gauche est dans son rôle en lançant ces attaques mais, curieusement, il illustre son dossier en représentant le président sous les traits de Louis XIV. C’est lui faire beaucoup d’honneur que de l’assimiler au plus prestigieux des souverains français ; c’est surtout commettre un énorme contresens historique car Louis XIV, qui n’était pas sans défaut, ne pouvait du moins être accusé de népotisme !

On ne peut reprocher au Roi-Soleil d’avoir mis l’État et l’intérêt général au service d’un intérêt particulier, fut-ce un ami personnel ou un proche parent. Bien au contraire, il a constamment manifesté la volonté de mettre son entourage et toute la noblesse au service de l’État, en récompensant les plus méritants comme il se doit (pensions pour les hommes de lettres talentueux, honneurs et charges pour les chefs de guerre,…). D’autre part son autoritarisme était limité par l’État de droit : ainsi n’a-t-il pu obtenir que Fouquet soit condamné à mort et n’a-t-il pu résister à la pression de l’opinion en faveur de la révocation de l’Édit de Nantes.